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					<title>Le vent chaud</title>
					<link>https://ecriture.temeco.fr/le-vent-chaud-1416/</link>
					<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 17:16:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Karla Kurtoić]]></description>
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<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Les églises des rêves<br>Cent fois plus grandes que le plus grand moi<br>Leur toucher froid<br>Et l’air sérieux que je respire<br>Ne refroidissent pas dans mon cou, mes cloches, mon ventre, mes couloirs<br>Ce sentiment bien connu que je ressens mille fois plus fort<br>Maintenant que rien ne le suscite</em></p>



<p>L’argent de la Lune<br>Et les pluies attendent une<br>Âme solitaire<br>Et des idées d’acier</p>



<p>Mais le soleil jeune brille assez<br>Pour nourrir tes pensées<br>De la jeunesse et de l’univers<br>Qui ne font qu’arriver</p>



<p>Le feu nouveau<br>Qui nous garde au chaud</p>



<p>Un moment, ça suffit<br>Le vent passe et abolit<br>Tout ce qui était solide<br>Tu ne redeviendras pas celui<br>Que tu étais jusqu’ici</p>



<p>La rivière patiente<br>A pourtant des méandres<br>Le calme est éternel<br>La crise perpétuelle<br>Un soir suave, le vase vide<br>Le regard rigide<br>Le silence passe<br>Et ne laisse pas de trace</p>



<p>Le feu nouveau, qui détruit<br>Mais nous garde tous au chaud</p>



<p>Un moment, ça suffit<br>Le vent passe et abolit<br>Tout ce qui était solide<br>Tu ne redeviendras pas celui<br>Que tu étais jusqu’ici</p>



<p>Tes yeux chantent<br>Ce qui te manque<br>Mais tu ne l’imagines pas<br>Ce moment-là</p>



<p>Un moment, ça suffit</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<h2>L&rsquo;autrice</h2>



<div class="uagb-testomonial__outer-wrap uagb-slick-carousel uagb-tm__arrow-outside uagb-block-6d25b46d"><div class="is-carousel uagb-tm__columns-1 uagb-tm__items"><div class="uagb-testimonial__wrap  uagb-tm__imgicon-style-circle uagb-tm__image-position-bottom uagb-tm__bg-type-undefined "><div class="uagb-tm__content"><div class="uagb-tm__overlay"></div><div class="uagb-tm__text-wrap"><div class="uagb-testinomial-text-wrap"><div class="uagb-tm__desc">Récemment diplômée, Karla travaille comme traductrice à Zagreb. Dans cet atelier, elle a relevé deux défis : composer une chanson en français et traduire un autre texte que le sien. “<em>Le moment historique que nous vivons m&rsquo;a beaucoup incitée à réfléchir aux événements dans nos vies qui font de nous de nouvelles personnes</em>.”</div></div><div class="uagb-tm__meta"><div class="uagb-tm__meta-inner"><div class="uagb-tm__image-content"><div class="uagb-tm__image"><img class="uagb-tm-img-src" src="/wp-content/uploads/2021/03/karla.-150x150.jpg" alt=""/></div></div><div class="uagb-testimonial-details"><span class="uagb-tm__author-name">Karla Kurtoić </span><span class="uagb-tm__company"></span></div></div></div></div></div></div></div></div>
</div></div>



<p class="has-text-align-right"><strong>Illustration : Ivana Kovačić</strong></p>
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					<title>L’instant</title>
					<link>https://ecriture.temeco.fr/linstant-1414/</link>
					<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 17:10:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Veronika Trivunić]]></description>
					<itunes:subtitle><![CDATA[Veronika Trivunić]]></itunes:subtitle>
																																				<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-drop-cap">Elle observait quelques couples, des sourires hypocrites, d’autres sincères. Elle aurait voulu caresser ce monde, mais que se serait-il passé si elle avait appartenu à ces mauvaises âmes, ces âmes corrompues qui faisaient l’impasse sur la beauté ? Elle la cherchait, tout comme le bonheur, par une journée sombre, dans les couleurs des parapluies après une averse. La cherchait-elle comme il se doit ? Et que faire si elle tombait dessus ? Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;amour et le bonheur ?</p>



<p>Il y avait une âme, un œil, qui semblait aussi éloigné que les profondeurs du cosmos sombre. Ces yeux, qu&rsquo;elle avait rencontrés à plusieurs reprises, lui donnaient la vivacité de l&rsquo;amour et la grâce qui la préserveraient. Mais elle évitait ce regard. Pourquoi se cachait-elle ? Pourquoi n&rsquo;osait-elle pas tout simplement le regarder ? Peut-être que ces yeux étaient ce qui la réveillerait, ce qui lui insufflerait la force et lui apporterait la joie. Mais en vain. Elle n&rsquo;était pas suffisamment grande. Elle baissait la tête et se méprisait pour son acte misérable. Quelle était la prochaine étape, où allait-elle se rendre désormais ? Elle pensait à leur prochaine rencontre et rêvait d’images sur lesquelles elle se mettrait à parler devant lui, avec lui.. Elle ne pouvait que l&rsquo;imaginer.</p>



<p>Elle avait souri. Elle avait rougi. Ils s&rsquo;étaient rencontrés devant une petite boulangerie, et au beau milieu de la foule, elle n&rsquo;avait pas eu suffisamment de force pour réfléchir. Un torrent de vagues déferlait dans son ventre. Mais ces vagues étaient chaleureuses ! Une certaine tendresse s&rsquo;était glissée dans son corps et avait dessiné sur son visage un doux sourire. Son cœur battait rapidement. La force du sentiment qu&rsquo;elle venait de vivre ne pouvait disparaître. Ils s&rsquo;étaient séparés, comme si de rien n&rsquo;était. Mais la sensation dans son ventre n&rsquo;était pas trompeuse. Le sentiment resta présent pendant des jours après cela. Les papillonnements rappelaient un bref moment de joie. La jouissance et une poussée d&rsquo;énergie lui disaient qu&rsquo;elle pouvait continuer et le sourire ébauché témoignait de son unicité. Peut-être qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas tort. Peut-être qu&rsquo;elle pourrait à nouveau lui sourire un jour.</p>



<p class="has-text-align-center">⁕</p>



<p>Il se souvenait très bien de son regard, dans la foule de personnes affamées, qui sautillaient sur place ou tapaient des pieds, rendant l&rsquo;atmosphère plus nerveuse et intense. Parmi ces gens de tous bords, il avait soudain remarqué ses yeux noirs. Quelle agréable rencontre d&rsquo;âmes ce fut ! Pendant un instant, son cœur s’était rempli d&rsquo;une joie pure. Que signifiait réellement ce joli clin d&rsquo;œil, et cette lueur dans ses yeux qui calmait ses pensées ? Il doutait de l&rsquo;amour, il le fuyait. En était-il digne, était-il digne de son regard ? Mais un sourire, un beau sourire lui disait que cette douce rencontre, le rapide pas de danse de ces lèvres roses, signifiait quelque chose. Y avait-il une chance que cet amour se réalise ? Ces sentiments, l&rsquo;intimité dans ce sourire et cette gentillesse dans ses yeux, n&rsquo;étaient pas qu&rsquo;une impression. Les papillons avaient raison, il en était, bien que terrifié, presque certain.</p>



<p class="has-text-align-center">⁕</p>



<p>La première vraie rencontre. Le destin avait rapproché ces deux rêveurs. Une soirée fraîche d&rsquo;automne. Elle était assise sur son banc préféré qui offrait une vue sur une rivière agitée et sombre. Elle soufflait de l&rsquo;air chaud dans ses mains, essayant en vain de les réchauffer. Elle fredonnait doucement la deuxième strophe de sa chanson préférée, lorsqu&rsquo;elle sentit la présence de quelqu&rsquo;un dans son dos. Elle n&rsquo;y prêtait pas attention, car, comme elle, une vieille dame avait l&rsquo;habitude de visiter cet endroit. En regardant le reflet de la lune sur l&rsquo;eau, elle entendit la suite de la chanson qu&rsquo;elle chantait. C&rsquo;était une voix masculine, mais une voix douce et grave à la fois. Avant qu&rsquo;elle ne se retourne, il s&rsquo;était assis à ses côtés. Rêvaient-ils, rêvaient-ils tous les deux ? Le banc était devenu une source de lumière aux dépens de la lune, une source de bonheur, d&rsquo;espoir et de foi en l&rsquo;amour. Les âmes s&rsquo;étaient réunies et avaient dansé. Elles avaient dansé la plus belle danse jamais imaginée. Désormais, il lui touchait la main, puis l&rsquo;avait prise doucement et la serrait dans la sienne. La chaleur leur remplissait le corps. Elle posait sa tête sur son épaule et ils regardaient calmement la rivière scintillante. Que la rivière était belle, que la soirée était divine ! Ils étaient libres d&rsquo;avouer leurs sentiments. Il parcourait ses joues chaudes du bout des doigts, légers tels une plume. Le doux parfum de ses cheveux l&rsquo;avait transporté jusqu&rsquo;au paradis. Et leurs lèvres s&rsquo;étaient enfin rencontrées. Une avalanche d&rsquo;émotions fortes. Douces et fines, flottantes et silencieuses, les extases de l&rsquo;esprit et l&rsquo;explosion de pensées fortes et entremêlées. C&rsquo;était d&rsquo;une beauté ! Quel regard portaient-ils désormais sur cette nature idyllique ?</p>



<p>Très rapidement, ils étaient devenus tout l&rsquo;un pour l&rsquo;autre. Qu&rsquo;est-ce que cela voulait dire ? Tout ce dont ils ne pouvaient que rêver, ce que louaient les plus belles chansons et contes de fées. “Conte de fées”, ce terme ne reflétait pas leur amour. Ils s&rsquo;étaient trouvés et il y avait eu ce déclic, dans un monde de tromperie, dans un monde d&rsquo;amour qui ne réchauffe pas, dans un monde où les averses sont synonymes d’épisodes mauvais et ténébreux. Mais sous ces pluies, ils savaient nager. Et ils le faisaient ensemble.</p>



<p>Lorsqu&rsquo;un cœur souffre, l&rsquo;autre l&rsquo;encourage en l&rsquo;aimant. Le cœur s&rsquo;était confié à un autre cœur. Le cœur comprend le cœur. Il trouve son repos dans l&rsquo;amour.</p>



<p>Ils se protégeaient des angoisses qui secouaient les cœurs avec la force d&rsquo;une tempête, qui aurait pu couler le plus insubmersible des bateaux. Elle éclairait son ciel enténébré, et il ouvrait les bras pour qu&rsquo;elle se blottisse contre lui. Puis, comme dans un port tranquille, elle se faufilait et y passait la nuit. Elle respirait dans son cou, et il lui donnait les baisers les plus doux. Elle était en sécurité dans cette étreinte.</p>



<p>Toute souffrance était plus facile à vivre lorsque les âmes sont l&rsquo;une contre l&rsquo;autre. La puissance du baiser guérissait l&rsquo;esprit, quand de lourdes larmes coulaient. Chaque blessure était soignée par une âme bienveillante qui y remédiait mieux que tous les médecins du monde. Secrets et désirs parlaient d’eux-mêmes, les premiers étaient partagés, et les autres exaucés. Ils marchaient sur la terre ferme, sur un chemin qu&rsquo;ils traçaient eux-mêmes, mais leur tête et leurs pensées étaient dans les nuages, non loin des cieux. Ils trouvaient l&rsquo;un dans l&rsquo;autre quelque chose qui les poussait vers ces hauteurs, qui les faisait sourire et s&rsquo;aimer chaque jour. Ils s&rsquo;étaient confiés l&rsquo;un à l&rsquo;autre et s&rsquo;étaient convaincus qu&rsquo;il n&rsquo;y avait aucune raison valable de craindre l&rsquo;amour. Elle était la réalisation de ses rêves. Il était la réalisation des siens.</p>



<p>Désormais, de temps à autre, ils se pinçaient pour vérifier qu&rsquo;ils ne rêvaient pas. Ils avaient non seulement trouvé l&rsquo;amour, mais ils s&rsquo;étaient également réalisés dans cet amour. Ils respiraient l&rsquo;amour, ils se taisaient par amour et ils se complaisaient dans l&rsquo;amour. Les jours et les heures passaient, mais l&rsquo;amour était intemporel. Il durait et durait. Une longue étreinte, un soutien fort et un baiser d&rsquo;âmes, qui demeureraient jusqu&rsquo;à la fin de leurs jours, jusqu&rsquo;à la fin des temps, jusqu&rsquo;au dernier souffle de la Terre.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<h2>L&rsquo;autrice</h2>



<div class="uagb-testomonial__outer-wrap uagb-slick-carousel uagb-tm__arrow-outside uagb-block-dc274633"><div class="is-carousel uagb-tm__columns-1 uagb-tm__items"><div class="uagb-testimonial__wrap  uagb-tm__imgicon-style-circle uagb-tm__image-position-bottom uagb-tm__bg-type-undefined "><div class="uagb-tm__content"><div class="uagb-tm__overlay"></div><div class="uagb-tm__text-wrap"><div class="uagb-testinomial-text-wrap"><div class="uagb-tm__desc">Depuis trois ans, Veronika étudie le français à Banja Luka. Quand elle a un peu de temps, elle brode, écrit et lit. Pour raconter son récit, elle a puisé dans sa propre histoire et sondé ses émotions pour les décrire avec précision. “<em>Je pense que toute personne devrait écouter ses émotions car le cœur comprend le cœur</em>.”</div></div><div class="uagb-tm__meta"><div class="uagb-tm__meta-inner"><div class="uagb-tm__image-content"><div class="uagb-tm__image"><img class="uagb-tm-img-src" src="https://ecriture.temeco.fr/wp-content/uploads/2021/03/Veronika-150x150.jpg" alt=""/></div></div><div class="uagb-testimonial-details"><span class="uagb-tm__author-name">Veronika Trivunić </span><span class="uagb-tm__company"></span></div></div></div></div></div></div></div></div>
</div></div>



<p><em>Crédits musique : Love Sprouts by Podington Bear ; December by Kai Engel ; lasonotheque.org</em> </p>



<p class="has-text-align-right"><em>Montage podcast : Marion Roussey</em></p>
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					<title>Le miroir de la peur</title>
					<link>https://ecriture.temeco.fr/le-miroir-de-la-peur-1410/</link>
					<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 17:07:53 +0000</pubDate>
					<dc:creator>contact@nangka.fr</dc:creator>
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					<description><![CDATA[Marta Ćurković]]></description>
					<itunes:subtitle><![CDATA[Marta Ćurković]]></itunes:subtitle>
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<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-drop-cap">C&rsquo;était l&rsquo;heureuse combinaison d&rsquo;une fracture du pied, d&rsquo;une soirée d&rsquo;hiver brumeuse et d&rsquo;oisiveté qui avaient amené Antoine à bien étudier son reflet dans le miroir. Cela n&rsquo;avait jamais été facile pour lui de croiser son regard, car il ne pouvait faire face au sentiment de perte et d&rsquo;inconfort qu&rsquo;il produisait en lui. Il avait traversé la vie en essayant de penser le moins possible à ses origines et à sa raison de vivre. Il avait compris son existence comme une lutte contre le temps, avec lequel il voulait désespérément rivaliser. Le désir d&rsquo;être rapide et énergique était si fort qu&rsquo;il ne ressentait pas la force de gravité, mais une profonde envie d&rsquo;atterrir, de s&rsquo;arrêter, de réfléchir et de se reposer l&rsquo;avait obligé à faire face à la peur qui montait en lui et qu&rsquo;il aurait voulu pouvoir extérioriser comme de la transpiration. Malgré cela, il avait continué, sans interruption, de gaspiller son énergie, tout en sachant que cette rencontre était inévitable. </p>



<p>L&rsquo;effort physique avait soulagé son esprit, son dévouement au basket et à la course à pied était quelque chose dont il était fier, mais il savait que cette obsession, si louée autour de lui, était pour lui une évasion de ses émotions profondément enfouies dont la principale était une peur inconnue. Cette crainte que la sensation de force dans les muscles avait toujours réussi à dissimuler sous un nuage d&rsquo;obscurité. Son endurance et sa forme physique lui avaient donné un sentiment d&rsquo;espoir, de persévérance et d&rsquo;immortalité – la victoire ultime contre le temps.</p>



<p>Il s&rsquo;était penché en arrière sur une chaise en cuir noir, qui avait conservé les séquelles de ses précédentes séances, et il avait regardé à travers une fenêtre oblongue au quatrième étage d&rsquo;un immeuble historiciste qui révélait une ruelle bordée d&rsquo;arbres décorés de lampes d&rsquo;or à l&rsquo;image de celles de l&rsquo;Avenue Montaigne. La détente s&rsquo;était rapidement dissipée et avaient pris place des battements de cœur soudains et rapides, le sang coulait dans ses veines et instinctivement, tel un chien qui avait repéré son propriétaire après une longue journée de solitude, il s&rsquo;était précipité vers la fenêtre. Il l&rsquo;avait reconnue immédiatement. Elle portait un survêtement gris et essayait tant bien que mal de couvrir les marques d&rsquo;insomnie sur son visage avec une capuche. Un sac à dos qu&rsquo;il lui avait offert il y a trois ans trouvait sans vergogne sa place sur son dos, et à la bandoulière s&rsquo;étaient mêlées les boucles rougeâtres de ses cheveux. Joséphine.</p>



<p>Il retournait dans le confort de sa chaise en cuir et tapait son nom sur son téléphone. À son insu, il s&rsquo;était lancé à la recherche du temps perdu et des messages autrefois échangés. En lisant ces longues conversations, il avait fait revivre une partie de lui-même, qu&rsquo;il pensait depuis longtemps disparue. Comme des livres d&rsquo;enfance poussiéreux, disposés sur l&rsquo;étagère du haut de sa chambre, momentanément oubliés, longtemps à l&rsquo;abandon, mais toujours à ses côtés, avec des informations qu&rsquo;il interpréterait différemment à chaque fois. Dans ces messages, il avait trouvé des traces de lui-même qu&rsquo;il fuyait comme la peste, mais aussi un nouveau regard sur des souvenirs qui s&rsquo;étaient autrefois estompés et qui désormais apparaissaient sous un nouveau jour. Il s&rsquo;était lancé à la recherche de ce fleuve de souvenirs, et chaque mot, émoticône, message vocal, photographie l&rsquo;avait amené à créer une image claire et nette d&rsquo;un passé qui n&rsquo;était plus. Il était surpris. Il ne s&rsquo;était jamais permis de regarder en arrière, il n&rsquo;y avait vu aucun intérêt. </p>



<p>Les conversations se faisaient de plus en plus nombreuses et elles paraissaient sans fin. Pierre, un ami du lycée avec qui il avait échangé pour la dernière fois il y a 6 ans, l&rsquo;avait soudain ramené à ce vieil état d&rsquo;esprit, immature, égoïste et enclin au jugement. Anne, la fille qu&rsquo;il avait séduite et exploitée, avait cessé de lui répondre et l&rsquo;avait brutalement remis à sa place. Pris d&rsquo;un sentiment de honte, il haïssait la personne qu&rsquo;il était et se remémorait les raisons qui l&rsquo;avaient fait fuir une telle pensée. Il poursuivait : un professeur qui l&rsquo;avait préparé à s&rsquo;inscrire à l’université lui avait rappelé les exercices qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas effectués, Bernard qu&rsquo;il avait rencontré lors d&rsquo;un séjour linguistique et dont il n&rsquo;avait jamais accepté l&rsquo;invitation à boire un café, des discussions cinématographiques avec Agnès, des querelles avec des amis de la primaire, mais aussi des blagues et des photos amicales, des smileys, des aides aux devoirs, des messages vocaux sur les ruptures, des planifications de voyages, des organisations de séances de foot, des récits de soirées, des vœux d&rsquo;anniversaires&#8230; Il s&rsquo;était révélé tel Ambrose Guise à son retour d&rsquo;Angleterre. </p>



<p>En portant un regard plus clair et plus apaisé sur ce qu&rsquo;il avait vécu, il avait réalisé combien de personnes avaient traversé sa vie. Son sentiment de solitude omniprésente était un monument qui lui refusait l&rsquo;opportunité d&rsquo;accepter l&rsquo;existence des contacts de son annuaire, les numéros derrière lesquels des gens comme lui se cachaient avec ces mêmes peurs auxquelles ils étaient confrontés tous les jours et qu&rsquo;ils projetaient de différentes façons. Les ténèbres étaient tombées, et il était toujours en train de fouiller dans ses vieux souvenirs qui l&rsquo;avaient amené là où il était maintenant. Il avait éteint son téléphone, traîné la jambe jusqu&rsquo;au miroir, dont le reflet le rendait moins mal à l&rsquo;aise qu&rsquo;avant.</p>



<p>Le temps passait et il s&rsquo;était rétabli. Il était retourné au basket, il vivait pleinement chaque seconde de sa vie, il ne regardait plus en arrière. En route pour le match, il avait de nouveau croisé Joséphine. Elle portait un petit sac à main rouge sur son épaule. Une peur familière l&rsquo;avait submergé, son cœur battait vite, le sang coulait à flots dans ses veines. Il avait aperçu une expression inconnue sur son visage, une Joséphine différente se tenait debout devant lui, une Joséphine qu&rsquo;il ne connaissait pas. Celle qu&rsquo;il connaissait vivait encore dans ses pensées. Ce sont ces dernières qui l&rsquo;ont fait hésiter. Il l&rsquo;avait saluée à la hâte, le sourire aux lèvres et avait poursuivi jusqu&rsquo;au stade, laissant le destin faire le reste. Plus courageux qu&rsquo;hier, il avait pris le ballon dans ses mains, accepté la peur comme coéquipière, développé des tactiques de jeu avec cette dernière, et lui a laissé les mains libres. Et il a accepté de prendre à nouveau le risque de se blesser lui-même.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<h2>L&rsquo;autrice</h2>



<div class="uagb-testomonial__outer-wrap uagb-slick-carousel uagb-tm__arrow-outside uagb-block-34278154"><div class="is-carousel uagb-tm__columns-1 uagb-tm__items"><div class="uagb-testimonial__wrap  uagb-tm__imgicon-style-circle uagb-tm__image-position-bottom uagb-tm__bg-type-undefined "><div class="uagb-tm__content"><div class="uagb-tm__overlay"></div><div class="uagb-tm__text-wrap"><div class="uagb-testinomial-text-wrap"><div class="uagb-tm__desc">À côté de ses études de français et d’histoire de l’art à Zagreb, Marta travaille dans un musée. Quand l’ensemble des participants a décidé d’écrire sur le thème des grandes émotions, elle a choisi la peur. “<em>C’était libérateur pour moi de laisser ce sentiment sortir de mon esprit. La peur a des choses à nous apprendre mais elle ne doit jamais l’emporter.</em>”</div></div><div class="uagb-tm__meta"><div class="uagb-tm__meta-inner"><div class="uagb-tm__image-content"><div class="uagb-tm__image"><img class="uagb-tm-img-src" src="https://ecriture.temeco.fr/wp-content/uploads/2021/03/Marta-150x150.jpeg" alt=""/></div></div><div class="uagb-testimonial-details"><span class="uagb-tm__author-name">Marta Ćurković </span><span class="uagb-tm__company"></span></div></div></div></div></div></div></div></div>
</div></div>



<p><em>Crédits musique : Agree to Disagree by Zero V ; Palika bazaar by DIY-Note ; Parisian by Kevin MacLeod ; Lasonotheque.org</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Montage audio : Marion Roussey</em></p>
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					<title>Le télescope et le chien</title>
					<link>https://ecriture.temeco.fr/le-telescope-et-le-chien-1403/</link>
					<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 17:03:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Naida Mlinarević]]></description>
					<itunes:subtitle><![CDATA[Naida Mlinarević]]></itunes:subtitle>
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<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-drop-cap">Il avait lu cette lettre à plusieurs reprises. Il s’était même mis à retenir les phrases suivantes : “La vie est, mon fils, un perpétuel combat entre le bien et le mal. Ce que tu fais, et la façon dont tu le vis font de toi un homme honorable.” Il n’avait pas vraiment compris ces mots, mais il voulait tant bien que mal en appréhender le sens. Ils figuraient sur une lettre qu&rsquo;il avait trouvée dans une boîte remplie de photos de famille, probablement celle de la famille de l&rsquo;ancien propriétaire. Il poursuivait sa lecture : “Garde bien ce que tu as, ainsi tu en seras plus reconnaissant. Ce n&rsquo;est pas ce que nous avons qui compte, mais notre capacité à le protéger.”</p>



<p>Il était sorti dans le jardin jouxtant la maison. C&rsquo;était un grand jardin et puisqu&rsquo;il n’y avait pas d’autres maisons aux environs, il pouvait profiter de cette liberté. Il faisait chaud, même si l’automne était déjà arrivé en grande pompe. Le jeune homme respirait fort, il pouvait sentir la fraîcheur de la rivière dans l’air. Il se dirigeait vers une route forestière, cherchant à comprendre la lettre qu&rsquo;il venait de trouver.</p>



<p>Il se promena pendant presque une demi-heure, le chant des oiseaux le calmait. Il pensait à son enfance, à cette lettre, à cette propriété qu&rsquo;il avait achetée.</p>



<p>Sur le chemin du retour, il avait continué de vérifier tous les recoins de la chambre où il avait trouvé la fameuse lettre. Dans cette même boite, il avait trouvé des photos du propriétaire précédent, accompagné d&rsquo;un grand télescope sur la terrasse. Il pensa que le télescope était probablement hors service et qu&rsquo;il pourrait le donner à un musée ou même le vendre à un collectionneur ; car il ne connaissait rien à l&rsquo;astronomie. Des manuels traitant de divers sujets étaient bien rangés sur les étagères. “Cet homme était sans doute talentueux ! » se disait le jeune homme, en pensant à l’ancien propriétaire. Il regardait son horloge, la nuit était sur le point de tomber. Il avait décidé de capter les derniers rayons de soleil et de faire une dernière fois le tour du propriétaire. Au moment où il allait sortir, il n&rsquo;avait pu s&#8217;empêcher de remarquer un chien qui courait gaiement dans son jardin. Il était confus, “d’où viens-tu ? », pensait-il. “Tu t&rsquo;es probablement égaré », avait-il dit à haute voix comme s’il attendait une réponse. Quand le chien accourut vers lui, le jeune homme remarqua qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un chien qui n&rsquo;avait pas été laissé à l&rsquo;abandon, et il le soupçonna d&rsquo;être perdu. Il se mit à crier “Est-ce qu&rsquo;il y a quelqu&rsquo;un ?”, en espérant entendre un passant errant dire qu’il cherchait son compagnon. Mais en vain. </p>



<p>Puisque l&rsquo;heure du dîner approchait à grands pas, l&rsquo;homme, aucunement semblable à l&rsquo;Avare, apporta un bol de lait au chien. Après avoir mis le bol, il regarda à nouveau pour voir s’il y avait quelqu’un qui cherchait le chien. “Mais, comment es-tu arrivé ici ?”, dit l’homme en regardant l’animal qui jouait heureusement avec le bol vide. Le chien aboya une fois au lieu de répondre. L’homme apporta un vieux plaid et le disposa dans un coin pour qu’il n’ait pas froid pendant la nuit. Il retourna à la maison pour préparer le dîner et se reposer. La journée avait été riche en événements, en visites à l&rsquo;improviste, en recherches dans les chambres spacieuses, sans oublier la promenade dans la forêt avoisinante et une apparition surprenante &#8211; celle du chien. “Il retournera sûrement d&rsquo;où il vient demain, » se disait-il.</p>



<p>La nuit semblait longue, probablement à cause du changement d’environnement, celui-ci était différent. Il avait entendu des aboiements à plusieurs reprises. “Il est encore là”, pensa-t-il au réveil.</p>



<p>Les jours filaient à toute vitesse. Le jeune homme et le chien travaillaient dur. Ils profitaient des jours d’automne, surplombés par un soleil brillant de mille feux. Cependant, la nuit, il entendait encore et toujours les aboiements, une nuit, le chien s’était même mis à hurler de telle manière que l’homme ne put trouver le sommeil. Il était sorti sur le balcon pour vérifier si tout allait bien avec son compagnon et il remarqua la pleine lune, brillant dans le ciel nocturne. Il était fasciné par cette scène et comprit pourquoi le chien hurlait. Il décida d’aller dans la chambre où il avait déterré les affaires du propriétaire précédent. Avec tout le travail qu’il avait en dehors de la maison, il n’avait pas trouvé le temps de se débarrasser de ces choses. Dans une grande armoire, il avait trouvé le vieux télescope, il avait juste à en essuyer la poussière. Il était sorti sur la terrasse et il l’avait déposé sur une table. Maladroitement, il essayait de mettre la main sur cette lune et avait réussi tant bien que mal. Il en était d’autant plus fasciné par sa beauté.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Jour après jour, il cherchait de nouvelles informations dans de vieux livres sur l’astronomie, en apprenait plus sur le maniement d’un télescope, explorait la position des constellations dans le ciel nocturne. Quotidiennement, le chien l’accompagnait, tel un ami qui s&rsquo;était présenté à l&rsquo;improviste, mais décidément parti pour rester. L’homme s’était plusieurs fois rendu dans les villages voisins pour voir si quelqu’un était à la recherche du chien, mais rien. Désormais, il était le sien.</p>



<p>Il se souvenait de cette lettre qu’il avait trouvée en s’installant dans la maison et il pensait avoir compris le sens. Il avait réussi à découvrir le rôle des objets qu’il voulait à tout prix vendre. Le télescope fonctionnait parfaitement, la carte des étoiles était fantastique. Il avait assimilé tant de choses sur la période de visibilité de certaines étoiles. Peu à peu, cette activité était devenue une passion. Il avait atteint son but, celui d’apprendre et d’étudier.</p>



<p>Il remercia le chien tous les jours de lui avoir permis d’acquérir son sens de la vie et, par la même occasion, de lui avoir inculqué l’envie de partager un jour ses connaissances avec les autres.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<h2>L&rsquo;autrice</h2>



<div class="uagb-testomonial__outer-wrap uagb-slick-carousel uagb-tm__arrow-outside uagb-block-51782d70"><div class="is-carousel uagb-tm__columns-1 uagb-tm__items"><div class="uagb-testimonial__wrap  uagb-tm__imgicon-style-circle uagb-tm__image-position-bottom uagb-tm__bg-type-undefined "><div class="uagb-tm__content"><div class="uagb-tm__overlay"></div><div class="uagb-tm__text-wrap"><div class="uagb-testinomial-text-wrap"><div class="uagb-tm__desc">Étudiante en dernière année d’un double cursus à l’université de Sarajevo, Naida a voulu écrire une histoire positive et contenant un message accessible à tous. “<em>Au début, j’ai mis du temps à trouver l&rsquo;inspiration. Mais, pas à pas, j&rsquo;ai réussi à trouver un sujet qui me plaisait.”</em></div></div><div class="uagb-tm__meta"><div class="uagb-tm__meta-inner"><div class="uagb-testimonial-details"><span class="uagb-tm__author-name">Naida Mlinarević </span><span class="uagb-tm__company"></span></div></div></div></div></div></div></div></div>
</div></div>



<p class="has-text-align-right"><strong>Illustration : Mustafa Mlinarević</strong></p>



<p><em>Crédits musique : Baltic Levity by Kevin MacLeod ; DDG (Which Is Drop-Dead Gorgeous, If You Don&rsquo;t Know) by Good Old Neon ; Lasonotheque.org</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Montage audio : Marion Roussey</em></p>
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					<title>Révélation de Noël</title>
					<link>https://ecriture.temeco.fr/revelation-de-noel-1401/</link>
					<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 16:59:17 +0000</pubDate>
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<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-text-align-right"><em>Le 6 janvier, réveillon de Noël    </em> </p>



<p class="has-drop-cap">C’était étouffant. La musique était trop forte, mais cela ne me dérangeait pas. Je me suis frayé un chemin à travers la foule et me suis assise au bar. Le patron de <em>La Révolte</em> s’est approché pour me saluer et m’offrir un verre. Le barman m’a donné une petite bouteille de vin de cerise et un verre vide dans lequel je trouvais dégoûtant de boire, si bien que j’ai choisi la bouteille. J’ai hoché la tête en signe de remerciement, mais j’étais sûre qu’il n’avait rien vu à cause de la densité de la fumée. Le patron me tenait compagnie et commandait à boire. Souvent, je me suis demandée comment il avait pu ne pas faire faillite car il offrait des verres à tout le monde, je ne me souviens pas quand j&rsquo;ai payé quelque chose pour la dernière fois. Sur la surface du bar, on voyait des images de bandes dessinées en noir et blanc, c’était peut-être Alan Ford, mais je ne pouvais pas le confirmer avec certitude, je l&rsquo;ai dit parce que c&rsquo;était la seule bande dessinée que je connaissais. Je lisais la même case encore et encore jusqu&rsquo;à ce que les flaques de vin la recouvrent ou jusqu&rsquo;à ce que je commence à la voir double.</p>



<p>Je suis sortie pour appeler Sacha. Pas de réponse. J&rsquo;ai essayé de nouveau. Ça sonnait. Toujours rien. Je suis retournée au bar où une petite bouteille de vin de framboise m&rsquo;attendait. Ils n’avaient plus de cerise, je suppose. J’ai jeté un coup d&rsquo;œil vers la porte et je l’ai vue. J’ai remarqué quelque chose de différent dans sa manière de marcher, dans l’expression de son visage. Elle s’est approchée fébrilement de ma place habituelle et, sans me regarder, elle s’est assise à côté de moi. Elle portait un T-shirt blanc et une veste en jean dont elle tirait les manches nerveusement pour essayer de cacher ses mains. Le barman cherchait une bouteille de vin, mais je lui ai dit non avec mon doigt, car elle était encore mineure, et elle m’a dit, la bouche sèche :</p>



<p>&#8211; Je suis enceinte.</p>



<p>J’ai appuyé mes coudes sur le comptoir et j’ai enfoncé mon visage dans mes mains.</p>



<p>&#8211; On va faire quoi, Sacha ?<br>&#8211; Se taire.<br>&#8211; Se taire ?<br>&#8211; Oui. Je veux cet enfant.</p>



<p>Le barman a ajouté une autre petite bouteille dans la file.</p>



<p>&#8211; Tu n&rsquo;as pas terminé le lycée, qu’est-ce qui t’arrive ?<br>&#8211; Je sais que je serai une bonne mère. Je te demande juste une chose, Eva. Reste avec moi quoi que je décide.</p>



<p>J’ai fini la septième petite bouteille de vin et j&rsquo;ai regardé Sacha. Ses bras minces, ses seins encore peu développés, ses cheveux épais et longs qui tombaient en boucles sur ses épaules, et enfin, quand elle s’est retournée vers moi, j’ai vu ses yeux, déterminés, sans la moindre peur. Je ne pouvais rien dire, j&rsquo;ai simplement hoché la tête. Elle s&rsquo;est levée du bar et est partie. Où, je ne le savais pas. Je suis restée au même endroit au bar jusqu&rsquo;au matin, jusqu’à ce que nous soyons seuls, les petites bouteilles alignées, le patron et moi. Quand il s&rsquo;est endormi au bar, je me suis approchée et je l&rsquo;ai couvert avec sa veste. Je suis rentrée à la maison. Je ne savais pas si je devais appeler Magdalena et la mettre au courant. C’était sa mère quand même. Ce n&rsquo;était pas le moment de penser à nos désaccords.</p>



<p>Je suis entrée dans l&rsquo;appartement. Les mouches avaient commencé à s’assembler tellement je ne nettoyais rien. Le cendrier plein de mégots, les verres de bourbon à moitié vides sur la table répandaient la puanteur. Je vivais à peine dans ce chaos, mais je n&rsquo;avais pas la force de faire quelque chose pour remédier à cela. Chaque morceau de poussière me faisait mal, mais tout mon corps me déchirait davantage. Je me suis assise sur le canapé et j&rsquo;ai téléphoné à Magdalena.</p>



<p>&#8211; Allô ?<br>&#8211; Salut ma tante&#8230;<br>&#8211; Eva ?<br>&#8211; Tu peux venir ?<br>&#8211; Chez toi ?<br>&#8211; Oui, chez moi. On doit parler tout de suite.</p>



<p>J&rsquo;ai raccroché et j’ai pris ma tête entre mes mains. Je n&rsquo;ai pas bougé avant d’entendre la sonnette. Je ne pouvais toujours pas me lever. J’avais la tête et les jambes lourdes. Elle sonna une fois de plus. Il n&rsquo;y avait pas de temps pour la réflexion. C&rsquo;était fini depuis le moment où j&rsquo;avais appelé le numéro. Je me suis enfin dirigée vers la porte. Je l&rsquo;ai déverrouillée et ouverte. Elle entra sans un mot, s&rsquo;assit et inspira profondément.</p>



<p>&#8211; Ça fait si longtemps que je ne suis pas venue ici.</p>



<p>Je n&rsquo;ai rien répondu. Peut-être qu&rsquo;il serait naturel de ressentir de la culpabilité parce que je lui avais interdit de mettre les pieds dans cet appartement. Je ne l&rsquo;ai pas ressentie. C&rsquo;étaient des tentatives désespérées pour préserver ma paix. La paix dans le chaos, mais toujours la paix. Maintenant, je l&rsquo;ai anéantie moi-même. J’ai regardé ma tante se retourner, assise pendant quelques minutes, perdue dans les souvenirs, dans le passé, en revivant probablement chaque coin du salon, en essayant de se remémorer les odeurs, la lumière et les rires. Un silence profond régnait dans l&rsquo;appartement. Bien que suspendue, l&rsquo;horloge au-dessus de l&rsquo;étagère en bois ne marchait plus depuis longtemps, si bien que même les aiguilles ne perturbaient pas le silence.</p>



<p>&#8211; Magdalena&#8230;</p>



<p>Elle m&rsquo;a regardée comme si je l&rsquo;avais réveillée soudainement.</p>



<p>&#8211; Sacha est enceinte.</p>



<p>C&rsquo;était comme si je lui avais donné un coup de poing. Elle ferma étroitement les yeux, puis les ouvrit, espérant peut-être qu’elle allait se réveiller d&rsquo;un cauchemar. En m&rsquo;éloignant légèrement du dossier de la chaise, j’approchais lentement le verre dans lequel j’avais versé du whisky, sans quitter des yeux son visage horrifié. Elle prit le verre et but une goulée. Elle devait savoir que je ne l’appelais pas à six heures du matin pour une réconciliation et pour parler du bon vieux temps. Mais, d’un autre côté, je suis sûre qu&rsquo;elle ne s&rsquo;attendait pas à une telle nouvelle, annoncée de cette façon impitoyable. Elle se leva de sa chaise, mit sa veste à l’envers et se dirigea vers la porte. Je suis restée immobile et calme. Le menton posé sur la main, je la regardais. Il y avait quelque chose de fascinant dans son tourment à ce moment-là.</p>



<p>&#8211; Et toi, ça va ? me demanda-t-elle.</p>



<p>Mes sourcils se soulevèrent de surprise, car la question me troubla, me ravit même. Si elle avait regardé attentivement, elle aurait pu voir quelque chose comme un sourire sur le côté gauche de mes lèvres. J’ai hoché la tête et montré la porte, en lui faisant savoir qu&rsquo;elle devait partir. Après qu&rsquo;elle est sortie, j&rsquo;ai tourné la clé deux fois. Il n&rsquo;y avait pas eu de salutations. Sacha ne me venait plus à l&rsquo;esprit.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Le 14 janvier.</em></p>



<p>Dès que nous sommes entrées dans leur maison, Sacha s’est dirigée vers la chambre avec le peu de force qui lui restait. Je marchais derrière elle, alors qu&rsquo;elle titubait d’un pied sur l’autre, pâle comme un cadavre, flétrie. Nous nous sommes assises sur le lit, elle s&rsquo;est mise à pleurer doucement. Je l’ai prise par la main et ses sanglots se sont transformés en cris.</p>



<p>&#8211; Sacha, je te promets que nous survivrons à ça. Je te le promets.</p>



<p>J&rsquo;ai pleuré avec elle aussi, en faisant des promesses qui n’étaient probablement pas possibles. Plus elle criait de douleur, plus mes larmes coulaient. Je l&rsquo;ai serrée dans mes bras pour qu&rsquo;elle ne se lève pas et ne commence pas à tout démolir, à casser et à briser, car à ce moment-là, il me semblait qu&rsquo;elle pouvait déchirer toute la ville avec ses dents. Après un silence affreux, alors qu&rsquo;elle prenait de l&rsquo;air pour de nouveaux cris, je pus attraper ce regard vide, dans lequel il ne restait pas une seule émotion envers Magdalena. Envers moi non plus. Par la porte entrouverte, j&rsquo;ai regardé dans la direction de Magdalena, elle était assise dans un fauteuil, à côté de son troisième gros mari. Elle fumait une cigarette, le regard fixé sur moi.</p>



<p>&#8211; Désolée, Sacha&#8230; Désolée. Ça fait mal comme si cela m’était arrivé à moi aussi.</p>



<p>Elle ne répondit rien, et peut-être que ces mots sortis de ma bouche étaient assez hypocrites après tout. Nous voici maintenant là à cause de mes paroles. J&rsquo;ai blessé Sacha, cet être, moi-même, mais pas Magdalena. Elle ne ressentait rien.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Le 15 janvier.</em></p>



<p>Qui étions-nous pour jouer à Dieu ? Qui étais-je ? Comment pourrais-je me débarrasser de cette ordure et de cette saleté ? Il ne restait pas une seule miette de la paix que je gardais égoïstement. La paix pour laquelle je m’étais battue désespérément, interdisant à tout le monde d&rsquo;entrer dans ma vie. À tout le monde sauf à Sacha. Je suis allée dans la baignoire avec l&rsquo;intention de laver la pression qui s&rsquo;était accumulée. Laisser l&rsquo;eau soulager le fardeau de ma poitrine. Debout là, j&rsquo;ai remarqué que ce fardeau était juste en train de se répandre, comme une créature qui était accroupie là depuis longtemps, affamée et maintenant dévorante. Elle se nourrissait d&rsquo;abord de mes poumons, et quand je ne pouvais plus respirer, de ma tête. Quand je ne pouvais plus penser, de mon estomac. Et quand je ne pouvais plus digérer l&rsquo;idée d&rsquo;être impuissante, j’ai fermé les yeux et j’ai laissé couler l&rsquo;eau froide. La pression se retirait. Elle se retira d&rsquo;abord à travers mes jambes, puis à travers mes bras, mon front et mon abdomen jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle revienne enfin sur ma poitrine où elle s’apaisa. J&rsquo;ai coupé l&rsquo;eau et je suis sortie de la baignoire. Je me suis retrouvée sur le carrelage devant le miroir. Mes lèvres étaient bleues. L’eau coulait sur mon visage et mon corps. D’une certaine façon, j’avais la nausée de moi-même. J&rsquo;ai enfilé mon peignoir et suis sortie de la salle de bain. Encore mouillée, je me suis couchée et je me suis sentie envahie par un sentiment d&rsquo;impuissance, accompagné de la question : “Et maintenant ?” Maintenant&#8230; rien&#8230; Il n&rsquo;y a aucune option qui serait la solution à ce stade.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<h2>L&rsquo;autrice</h2>



<div class="uagb-testomonial__outer-wrap uagb-slick-carousel uagb-tm__arrow-outside uagb-block-cffdaea4"><div class="is-carousel uagb-tm__columns-1 uagb-tm__items"><div class="uagb-testimonial__wrap  uagb-tm__imgicon-style-circle uagb-tm__image-position-bottom uagb-tm__bg-type-undefined "><div class="uagb-tm__content"><div class="uagb-tm__overlay"></div><div class="uagb-tm__text-wrap"><div class="uagb-testinomial-text-wrap"><div class="uagb-tm__desc">À côté de ses études à la faculté de philologie de Belgrade, Kristina travaille dans un bar. Le lieu a inspiré certains éléments de son histoire. Elle en a aussi enregistré l’ambiance pour son podcast. “<em>Mes histoires sont toujours écrites à partir de la réalité</em>.” Son conseil aux lecteurs : “<em>Ne jugez pas les autres !</em>”</div></div><div class="uagb-tm__meta"><div class="uagb-tm__meta-inner"><div class="uagb-tm__image-content"><div class="uagb-tm__image"><img class="uagb-tm-img-src" src="/wp-content/uploads/2021/03/Kristina-150x150.png" alt=""/></div></div><div class="uagb-testimonial-details"><span class="uagb-tm__author-name">Kristina Vesović </span><span class="uagb-tm__company"></span></div></div></div></div></div></div></div></div>
</div></div>



<p class="has-text-align-right"><strong>Illustration : Tamara Perišić</strong></p>



<p><em>Crédits musique : A Tape Full of Mistakes &#8211; The Sadness of a Slinky Dog ; J Hacha De Zola &#8211; Antipatico ; MrKey_Perdre-pied_LMK</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Montage audio : Marion Roussey</em></p>
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					<title>Le monde après la fin du monde</title>
					<link>https://ecriture.temeco.fr/le-monde-apres-la-fin-du-monde-1399/</link>
					<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 16:54:13 +0000</pubDate>
					<dc:creator>contact@nangka.fr</dc:creator>
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					<description><![CDATA[Nika Komarić]]></description>
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<p class="has-text-align-center"><em>“Dieu était toujours pyromane. Les cieux étaient toujours en feu.”</em><br></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>I. La synthèse de la lune</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><br>J’ai une peau de lézard<br>L’audience avec des visages peints fait des ovations<br>et demande un rappel<br>La tragédie de la vie s’est terminée<br>Et ce n’était pas moi qu’ils devaient applaudir, je ne connais même pas l’auteur<br>J’étais seulement au mauvais endroit au mauvais moment<br>Les créatures solitaires et leurs femmes me posent des questions<br>auxquelles je n’ai pas de réponses<br>Le cercle se terminera, un cri et un gémissement<br>Le monde n’a pas pris fin en 2012 ?<br>Je ne me sens plus la même<br>depuis que le monde a dérivé d’un degré<br>Les morts fantômes de mon passé qui n’ont pas oublié<br>mon numéro de téléphone<br>Le silence de la nuit étoilée.</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>II. Sybil, qu’est-ce que tu veux ?</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><br>Tu ne m’as jamais emmenée au cinéma<br>Tu as travaillé de longues heures, toutes les nuits, et j’ai dormi tous les jours,<br>j’ai dormi toute ma vie<br>La dure vie des gens qui travaillent dur<br>Mangeurs de vermines, mangés par les vermines<br>Les gens pathétiques qui aiment la tragédie<br>Alors, allez aux théâtres, je n’en ai pas le temps<br>Oublie ton prénom, tue tes ancêtres et viens avec nous<br>Le vide demeure après la disparition de l&rsquo;homme.</p>



<p></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>III. Opium de rêves</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><br>Mon père m&rsquo;a abandonnée quand j&rsquo;avais 6 ans<br>Je suppose que je dois trouver quelqu’un d&rsquo;autre à blâmer<br>C’est toujours plus facile de blâmer les autres (mais c’est plus amusant de se blâmer soi-même)<br>Les dimanches matins des premiers jours d’été n’étaient pas les mêmes sans lui<br>Tout s’est arrangé à la fin,<br>bien que tu m’aies menti quand je t’ai demandé ce qui n’allait pas<br>Il travaillait tous les jours, sans un jour de congé<br>et, parfois, je suis venue et je l’ai aidé<br>Rends-moi tous mes mots et ma peine et je te rendrai tes poèmes<br>Les mots sont redondants, ils ne nous donneront pas les réponses que nous voulons<br>Laisse-moi derrière, je te jure que j’irai bien<br>Je ne peux plus courir après toi.</p>



<p></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>IV. Les araignées dans les étoiles</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><br>Je t’ai raconté la fois où j’ai pris tous ces somnifères<br>et décidé que je voulais vivre ?<br>La vie est une blague, mais, au moins, c’est drôle<br>Dieu, je déteste quand tu ne peux pas plaisanter,<br>tu suis toujours mes indices<br>Traînant lâchement selon un schème prémédité<br>Personne ne célèbre le début de l&rsquo;été non plus<br>Pourquoi dois-tu travailler aujourd’hui, papa ?<br>Allez, ris avec moi<br>La prédestination lutte contre la liberté de Sartre<br>dans tous les univers parallèles, une ancienne bataille sans vainqueurs<br>Même mon double m’a laissée seule ici<br>J’entends sa voix la nuit, au-dessus du mur de ma cuisine<br>La réalité commence à se dissoudre<br>comme les coins blanchis d’un vieux Polaroid<br>Je perds la raison et je la donne à la charité<br>Une seconde dans cette étoile de la mort<br>Une décennie sur la planète où les étoiles de la mort vont mourir<br>Je vais demander à l’auteur ce que tout cela voulait dire quand je le verrai.<br></p>



<p class="has-text-align-left"><em><strong>Références</strong><br>&#8211; Jacques Derrida, “Béliers : Le dialogue ininterrompu : entre deux infinis, le poème”<br>&#8211; Andrea Gibson “Pole Danseuse” (“God has always been an arsonist. Heaven has always been on fire” [traduction libre])<br>&#8211; S. Eliot, “Rhapsodie d&rsquo;une Nuit venteuse”<br>&#8211; Petronius Arbiter, “Satyricon”<br>&#8211; Michel Foucault : “Remarks on Marx” (&lsquo; The void left by the absence of men&rsquo;) [traduction libre])<br>&#8211; Henry Miller, “Printemps noir”<br>&#8211; Jack Kerouac, “Sur la route”</em></p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<h2>L&rsquo;autrice</h2>



<div class="uagb-testomonial__outer-wrap uagb-slick-carousel uagb-tm__arrow-outside uagb-block-ed5cb453"><div class="is-carousel uagb-tm__columns-1 uagb-tm__items"><div class="uagb-testimonial__wrap  uagb-tm__imgicon-style-circle uagb-tm__image-position-bottom uagb-tm__bg-type-undefined "><div class="uagb-tm__content"><div class="uagb-tm__overlay"></div><div class="uagb-tm__text-wrap"><div class="uagb-testinomial-text-wrap"><div class="uagb-tm__desc">Étudiante dans un double cursus à l’Université de Zagreb, Nika a déjà traduit plusieurs textes pour la faculté. Cette fois-ci, elle a traduit ses propres poésies. “<em>J&rsquo;ai choisi ce format car je pense qu&rsquo;on a besoin de plus de poésie aujourd&rsquo;hui pour exprimer des notions universelles vécues à travers des expériences personnelles</em>.”</div></div><div class="uagb-tm__meta"><div class="uagb-tm__meta-inner"><div class="uagb-tm__image-content"><div class="uagb-tm__image"><img class="uagb-tm-img-src" src="/wp-content/uploads/2021/03/Nika-150x150.jpg" alt=""/></div></div><div class="uagb-testimonial-details"><span class="uagb-tm__author-name">Nika Komarić </span><span class="uagb-tm__company"></span></div></div></div></div></div></div></div></div>
</div></div>



<p class="has-text-align-right"><strong>Illustration : Lucija Malić</strong></p>



<p><em>Crédits musique : s.t.m by etc. ; still has it by etc. ; Tikopia by Kevin MacLeod</em>, <em>Lasonotheque.org</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Montage audio : Marion Roussey</em></p>
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					<title>Notre histoire</title>
					<link>https://ecriture.temeco.fr/notre-histoire-1397/</link>
					<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 16:47:55 +0000</pubDate>
					<dc:creator>contact@nangka.fr</dc:creator>
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					<description><![CDATA[Miloš Ratkovac]]></description>
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																																				<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-drop-cap">Ce n&rsquo;était pas encore la nuit. Le soleil couchant lançait ses derniers rayons qui éclataient toujours dans les cieux. Quelle beauté partout ! Mais la seule chose qui attirait ton attention était la lune. Visible depuis ce matin, elle était maintenant plus frappante que pendant toute la journée, pendant laquelle la forte lumière avait caché ses détails.</p>



<p>Tu pouvais distinguer le fondu graduel reliant les parties visible et invisible de la lune, la rendant plus réelle que d&rsquo;habitude. Sa texture s’intégrait parfaitement dans le ciel, te rappelant que c’était un corps céleste que tu regardais, et qu’on la prend pour acquise. Ne l&rsquo;oublions pas !</p>



<p>Tu étais tellement fasciné que tu ne cessais de regarder, et tu étais indifférent à ce qui pouvait arriver.</p>



<p>Malgré cette indifférence et ta pensée errante, tu ne pouvais ignorer le nouveau stimulus qui te tirait de toutes tes rêveries. C&rsquo;était une voix tellement bizarre et inexplicable, que je ne sais pas comment on pouvait deviner que c&rsquo;était bien une voix. Toutefois, une voix. Son timbre et ce qu&rsquo;elle disait étaient moins étranges que ce dont ils provenaient.</p>



<p>C&rsquo;était un crocodile énorme qui essayait de t&rsquo;appeler, et maintenant il réussissait à te rattraper. Toujours indifférent, tu lui as demandé qui il était et ce qu&rsquo;il voulait, et il t&rsquo;a répondu :</p>



<p>&#8211; Tu m&rsquo;appelles crocodile et ça suffit. Parfois je suis un corbeau, un arbre, un ver, et parfois toi-même. Mais il y a une partie de toi que je ne peux pas être, et je voudrais la connaître.</p>



<p>Stupéfié, tu as dit :</p>



<p>&#8211; Quelle partie ?</p>



<p>&#8211; Parle-moi de toi.</p>



<p>&#8211; Mais qu&rsquo;est-ce que tu veux que je dise ? as-tu répliqué.</p>



<p>&#8211; Raconte-moi ta vie, tes émotions et tes souvenirs les plus profonds. Qui étais-tu avant toi ? a dit le crocodile comme à mots couverts.</p>



<p>Tu n&rsquo;étais plus indifférent. Une gêne commençait à te submerger, mais tu as réussi à la surmonter. Ta gêne s&rsquo;est transformée en curiosité et tu lui as demandé de préciser ce qu&rsquo;il voulait entendre de toi.</p>



<p>&#8211; Quelles étaient tes connaissances dans ton enfance ? a dit froidement le crocodile.</p>



<p>&#8211; Quand j&rsquo;étais un petit enfant, je ne comprenais rien ! Il n&rsquo;y a rien à dire là-dessus.</p>



<p>&#8211; Au contraire. Continue !</p>



<p>Tu ne savais pas pourquoi, mais tu ressentais le besoin de lui parler :</p>



<p>&#8211; D&rsquo;accord&#8230; Donc&#8230; Je ne comprenais rien, mais j&rsquo;essayais quand même de m&rsquo;expliquer des choses qui me semblaient inexplicables&#8230;</p>



<p>Le crocodile t&rsquo;a interrompu :</p>



<p>&#8211; Quelles étaient ces explications ?</p>



<p>&#8211; Bah, les explications étaient aussi infantiles que moi !</p>



<p>&#8211; Elles ne t&rsquo;ont donc rien révélé ?</p>



<p>&#8211; Non, mais ce que je comprenais était que j&rsquo;avais peur.</p>



<p>Le crocodile a semblé perturbé par cette phrase et il a répondu d&rsquo;un ton plus doux :</p>



<p>&#8211; Ah, la peur&#8230; Je la connais bien. Crois-le ou non, c&rsquo;est la seule émotion que j&rsquo;ai. Et toi, tu avais peur de quoi ?</p>



<p>&#8211; Peur du noir, des sons inconnus, de la lumière soudaine, et de bien d&rsquo;autres choses&#8230; Mais tout le monde avait peur, même sans le savoir, as-tu dit légèrement.</p>



<p>À ce moment-là, vous avez commencé à vous parler comme deux amis qui se connaissaient depuis toujours.</p>



<p>Le crocodile a plissé ses yeux avec curiosité et il t&rsquo;a demandé :</p>



<p>&#8211; Mais tu ne savais pas ce qu’était la peur, en fait ?</p>



<p>&#8211; Je ne le savais pas, mais je me comportais comme si je l&rsquo;avais comprise.</p>



<p>&#8211; Oui, ça c&rsquo;est naturel, a dit le crocodile. Et qu&rsquo;en est-il de tes désirs ?</p>



<p>&#8211; À l&rsquo;époque, je n&rsquo;en avais pas beaucoup. Ce qui m&rsquo;importait était d&rsquo;avoir mangé, de rester au chaud, d&rsquo;être en sécurité et avec quelqu&rsquo;un.</p>



<p>&#8211; J&rsquo;aime bien manger, moi aussi ! a-t-il dit avec tellement d&rsquo;enthousiasme qu&rsquo;il aurait claqué des mains s&rsquo;il n&rsquo;avait pas eu que des pieds. D&rsquo;un coup, son enthousiasme a disparu et il a ajouté :</p>



<p>&#8211; Être avec quelqu&rsquo;un&#8230; C&rsquo;est important pour toi, n&rsquo;est-ce pas ?</p>



<p>&#8211; Oui ! Au début, je n&rsquo;avais pas compris que c&rsquo;était aussi important de ne pas être seul, mais j&rsquo;ai vite appris que tout est beaucoup plus facile ensemble, lui as-tu dit fièrement.</p>



<p>&#8211; Et pourquoi ? Comment as-tu appris cela, a-t-il demandé comme si c&rsquo;était la première fois qu&rsquo;il entendait parler de cela.</p>



<p>&#8211; J&rsquo;avais commencé à socialiser avec les autres personnes, même avant de pouvoir parler. Recevoir quelque chose de quelqu&rsquo;un était très bien, et ce n&rsquo;est que plus tard que j&rsquo;ai appris que donner aux autres avait aussi de grands avantages et n&rsquo;était pas mal non plus.</p>



<p>Le crocodile a hoché sa tête plate pour dire qu&rsquo;il comprenait. Après quelques instants de silence, il a ajouté :</p>



<p>&#8211; Et est-ce que quelque chose a changé quand tu as appris à parler ?</p>



<p>&#8211; Bien sûr. Avec les premiers mots, tout est devenu plus compliqué et plus facile en même temps.</p>



<p>&#8211; Je suis content de ne parler qu&rsquo;avec toi. Je suis bien comme ça, pourquoi compliquer des choses déjà assez compliquées ? a dit le crocodile.</p>



<p>&#8211; Peut-être que tu as raison, lui as-tu dit. Mais c&rsquo;est à ce moment-là que j&rsquo;ai commencé à poser des questions à d&rsquo;autres que moi, à en discuter même si je n&rsquo;en savais rien. Les idées venaient et étaient échangées plus rapidement que jamais grâce à ce nouvel outil.</p>



<p>&#8211; Grâce ou à cause ?</p>



<p>&#8211; Grâce ! as-tu répondu sans hésitation.</p>



<p>&#8211; Hum, c&rsquo;est vrai dans ton cas. Tu as besoin des idées pour survivre tel que tu es. Moi, je n&rsquo;ai besoin ni d&rsquo;idées ni de règles, a constaté le crocodile.</p>



<p>Le mot « règles » a éveillé une nostalgie en toi que le crocodile sentait, et il attendait ta clarification.</p>



<p>&#8211; Malgré mon développement, ce dont je n&rsquo;étais pas conscient jusqu&rsquo;à un certain point étaient les règles et ça me manque beaucoup, la liberté de faire n&rsquo;importe quoi sans répercussions réelles.</p>



<p>Tu as réussi à rassembler tes pensées.</p>



<p>&#8211; Je fais toujours ce que je veux, ou du moins ce que je pense que je veux&#8230; Et qu&rsquo;est-ce que tu pouvais exactement faire sans ces répercussions ? t&rsquo;a-t-il demandé.</p>



<p>Comme si tu attendais cette question, tu as dit :</p>



<p>&#8211; Je pouvais manger la bouche ouverte, je pouvais courir, nager nu et être crasseux sans être jugé. Être jugé n&rsquo;existait pas. Beaucoup de choses étaient plus simples, même si j&rsquo;avais peur et même si j&rsquo;étais vulnérable et faible.</p>



<p>&#8211; Hum&#8230; a-t-il dit pensivement. Tu es toujours faible, je dirais. Mais tu n&rsquo;as plus peur ?</p>



<p>&#8211; Si ! as-tu répondu. C&rsquo;est juste que ce qui m&rsquo;effrayait alors ne m&rsquo;effraie plus aujourd&rsquo;hui. Maintenant, je sais que les loups et les ours ne peuvent pas m&rsquo;engloutir pendant la nuit, cependant j&rsquo;ai peur d&rsquo;autres choses. Des choses plus compliquées, moins menaçantes et dangereuses, et parfois irréelles.</p>



<p>&#8211; J&rsquo;ai déjà conclu que tu es compliqué et bizarre&#8230; La peur reste toujours la peur, mais pourquoi avoir peur de l&rsquo;irréel ?</p>



<p>&#8211; C&rsquo;est le prix du développement et de la connaissance, as-tu expliqué.</p>



<p>Quoi que tu dises, tu aurais provoqué des nouvelles questions en lui :</p>



<p>&#8211; Comment arrivaient ces connaissances ? Il continuait avec ses questions.</p>



<p>&#8211; En grandissant, je me suis rendu compte de choses&#8230;</p>



<p>&#8211; De choses comme ?</p>



<p>Encore des questions. Tu t&rsquo;étonnais d&rsquo;être prêt à chaque question :</p>



<p>&#8211; Je ne suis pas éveillé quand je rêve, il ne faut pas manger la neige jaune et les baies rouges, on est parfois triste ou heureux sans raison particulière, il y a des hommes et des femmes et ce ne sont pas les cigognes qui apportent les bébés&#8230;</p>



<p>Tu t&rsquo;es arrêté là en attendant une nouvelle question.</p>



<p>&#8211; Ça ne m&rsquo;explique rien. Ce que tu avais compris, ça t&rsquo;a facilité la vie alors ?</p>



<p>&#8211; Pas vraiment, as-tu dit avec déception. Ça m&rsquo;importait moins que ce que je pouvais faire avec mes mains. Apprendre à travailler. Il suffit de savoir survivre sans savoir pourquoi.</p>



<p>Il t&rsquo;a répondu :</p>



<p>&#8211; Je ne sais pas pourquoi on survit, moi non plus. Je ne me demande jamais ça, c&rsquo;est plus facile. En tout cas, travailler, donc, t&rsquo;a rendu plus capable de survivre ?</p>



<p>&#8211; Ça aussi, oui, et avec le temps qui passe, j&rsquo;ai rencontré beaucoup d&rsquo;autres personnes. Nous n&rsquo;étions pas toujours tous d&rsquo;accord, mais nous trouvions nos moyens. Ce qui comptait était d&rsquo;être ensemble et de pouvoir s&rsquo;aider, afin de grandir et de progresser ensemble. Et alors survivre est devenu facile, as-tu conclu.</p>



<p>Pour une raison inconnue, tu n&rsquo;attendais plus de questions et il n&rsquo;en avait plus. Il a dit :</p>



<p>&#8211; J&rsquo;en ai assez entendu, humain&#8230; J&rsquo;en ai assez entendu, et ce que je peux en conclure est que tu es toujours un faible enfant. Moi, je règne sur cette planète depuis deux cent millions d&rsquo;années, j&rsquo;ai vu tant de choses que tu ne pourrais imaginer dans ta courte vie, je suis resté inchangé malgré tous les changements incessants qui nous entourent&#8230;</p>



<p>Tu l&rsquo;as interrompu :</p>



<p>&#8211; Je comprends&#8230; Tu as raison. Maintenant que j&rsquo;ai grandi un peu, je n&rsquo;ai que deux cent mille ans, je suis toujours jeune et ignorant et au fur et à mesure que j&rsquo;en apprends plus, je comprends moins. Mais il y a un fait qui m&rsquo;étonne chaque fois que j&rsquo;y pense. Tu vois ça là-bas ? as-tu demandé en pointant ton doigt vers la lune. J&rsquo;étais là.</p>



<p>Cet argument a fait prendre conscience à ce crocodile, fantôme du temps et du changement, que tu avais bien grandi. Il a dit :</p>



<p>&#8211; Tu es allé loin, tu étais partout. N&rsquo;oublie jamais qu&rsquo;on ne sait ni d&rsquo;où on vient ni où on va, mais je parie que c&rsquo;est le même endroit. Peut-être que ce sont les circonstances de notre rencontre, mais si c&rsquo;est juste un rêve, reste humain jusque-là.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<h2>L&rsquo;auteur</h2>



<div class="uagb-testomonial__outer-wrap uagb-slick-carousel uagb-tm__arrow-outside uagb-block-35917f46"><div class="is-carousel uagb-tm__columns-1 uagb-tm__items"><div class="uagb-testimonial__wrap  uagb-tm__imgicon-style-circle uagb-tm__image-position-bottom uagb-tm__bg-type-undefined "><div class="uagb-tm__content"><div class="uagb-tm__overlay"></div><div class="uagb-tm__text-wrap"><div class="uagb-testinomial-text-wrap"><div class="uagb-tm__desc">Miloš a presque fini ses études et travaille dans une entreprise à Banja Luka. Philosophe et grand voyageur, il a eu l’idée d’un conte questionnant l’évolution de la vie et la place de l’humanité. Son conseil aux lecteurs : “<em>Apprenez à vous connaître dans les autres</em>.” </div></div><div class="uagb-tm__meta"><div class="uagb-tm__meta-inner"><div class="uagb-testimonial-details"><span class="uagb-tm__author-name">Miloš Ratkovac </span><span class="uagb-tm__company"></span></div></div></div></div></div></div></div></div>
</div></div>



<p><em>Crédits musique : Conte écourté by DIY-Note ; Lasonotheque.org</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Montage audio : Marion Roussey</em></p>
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					<title>Couleur clémentine</title>
					<link>https://ecriture.temeco.fr/couleur-clementine-1395/</link>
					<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 16:44:30 +0000</pubDate>
					<dc:creator>contact@nangka.fr</dc:creator>
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																																				<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-drop-cap">Elle adorait ce petit fruit orange. Celui-ci servait de parfum de la nature à toutes les saisons et elle en était consciente. Le clémentinier, arbre de la famille des rutacées à feuilles très parfumées, refleurit vers la fin du printemps et tout au long de la période estivale. Elle a le bonheur de manger ses fruits à la peau fine de couleur vert-orange de l’automne jusqu’à Noël, grâce à un croisement chanceux, fait par le frère botaniste Clément, entre le <em>Citrus sinensis</em> et le <em>Citrus reticulata</em>.</p>



<p>Leur goût, incroyablement profond. Des gouttes de sucre remplissent l’intérieur des bouches satisfaites. Sa chair juteuse et acidulée est l&rsquo;une des plus douces de tous les agrumes. L’odeur de cette écorce suave, loin de nous et tellement proche en même temps. Capable de réveiller des souvenirs déjà oubliés, une mémoire matérialisée dans cette petite sphère savoureuse.</p>



<p class="has-text-align-center">&#8212;</p>



<p>Il marchait lentement, un pas à la fois, dans la rue du centre-ville, en fumant une cigarette avec un filtre de couleur orange, comme il le faisait depuis qu’ils n’étaient plus ensemble. Ne pouvant pas arrêter les souvenirs de venir à lui, il ne cessait de penser à elle. Elle n’était pas le premier amour de sa vie, mais elle occupait une place importante. Cela devenait de plus en plus évident pour lui.</p>



<p>Maintenant, c’était cette saison de l’année pendant laquelle elle ne prenait pas autant de plaisir que tout le monde. Il faisait froid, ses mains étaient tellement sèches qu’elles devenaient facilement très irritées, ses joues prenaient une nuance rose pâle à chaque fois qu’elle sortait. Et ses lunettes s&#8217;emplissaient de buée quand elle entrait dans un intérieur réchauffé. Il s’en souvenait clairement.</p>



<p>Pourtant, il y avait une chose qui apparaissait chaque année comme un remède contre ce chaos hivernal : l’explosion des saveurs du citron doux qu’on expérimente au coin des lèvres en le mâchant. La clémentine, dont l’écorce est mise sur les radiateurs, pour bénéficier en plus de ses vertus curatives.</p>



<p class="has-text-align-center">&#8212;</p>



<p>Je voulais qu’il s’en aille. Qu’il disparaisse de mon horizon, j’en avais assez. Je ne pouvais plus supporter ce sentiment amer de ne plus l’aimer, comme le goût de la bigarade dans ma bouche. J’avais presque honte de me sentir ainsi, je ne voulais l’admettre à personne, même pas à ma mère. Surtout pas à ma mère. Mais je ne pouvais plus continuer ainsi, dans cette distance permanente nous séparant, dont on ne voit ni l’issue ni la fin, sans projet pour l’avenir. Je n&rsquo;avais ni aspiration, ni force pour continuer de cette manière. Nous l’avions très suffisamment éprouvé, après cinq années, ce n’est pas peu, et je n&rsquo;étais pas faite pour quelque chose de pareil, lui non plus.</p>



<p>On s&rsquo;était apparemment mis d’accord, il y a une semaine. Ce sentiment fort, celui d’un deuil indescriptible, ne m’avait pas quittée depuis.</p>



<p class="has-text-align-center">&#8212;</p>



<p>Dix mois ont passé, et elle est restée dans ma mémoire, même si elle est parfois floue, et je ne vois pas clairement la réalité autour de moi. Ses pupilles étaient sans doute cernées de cercles dorés, de la couleur des petits agrumes sans pépins, avec lesquelles elle fixait mon regard, qui y était souvent perdu. Je fais semblant de l’avoir oubliée, comme si elle appartenait aux temps passés et lointains, qu’elle n’avait rien à voir avec la personne que je suis aujourd’hui. Cela n’est que partiellement la vérité. Qu’est-ce que la vérité ? J’ai bien appris quelque chose depuis, pourtant je ne sais pas encore définir cette notion particulière.</p>



<p>La vérité est qu’on habite loin l’un de l’autre. Qu’on passe nos journées sans se téléphoner, pas même une fois par mois. Qu’on a nos études à finir, nos buts à poursuivre. Nos livres à lire jusqu’à la fin, pour en parler avec d’autres personnes. Qu’on ne passe que quelques jours par semaine dans les souvenirs, en pensant à des alternatives et à des possibilités.</p>



<p>C’est ce qu’on est devenus. C’est ce que nous sommes aujourd’hui. Pas nécessairement des inconnus. On l’espère du moins.</p>



<p class="has-text-align-center">&#8212;</p>



<p>Les fruits étaient placés dans un saladier en porcelaine chinoise un peu ébréché sur le bord, mais avec de jolis ornements, qui se trouvait sur la terrasse. Je portais la robe de couleur clémentine que ma mère m’avait achetée pour ma soutenance de thèse, que j’aimais bien, c’était le style que j’essayais de porter – plutôt retro, et elle m’allait parfaitement.</p>



<p>C’était la fin de l&rsquo;été, ce temps de l’année pendant lequel les compositeurs-interprètes chantent des chansons sur les couchers de soleil. J&rsquo;avais une impression de déjà-vu, comme si j&rsquo;avais été ici avec lui. En effet, le ciel doré avec le soleil brûlant me rappelait l’amour passé, brûlé de la même manière. Mais j’étais trop fière pour l’admettre, et je le suis encore aujourd’hui.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<h2>L&rsquo;autrice</h2>



<div class="uagb-testomonial__outer-wrap uagb-slick-carousel uagb-tm__arrow-outside uagb-block-4abd657a"><div class="is-carousel uagb-tm__columns-1 uagb-tm__items"><div class="uagb-testimonial__wrap  uagb-tm__imgicon-style-circle uagb-tm__image-position-bottom uagb-tm__bg-type-undefined "><div class="uagb-tm__content"><div class="uagb-tm__overlay"></div><div class="uagb-tm__text-wrap"><div class="uagb-testinomial-text-wrap"><div class="uagb-tm__desc">Étudiante en français et histoire de l’art à Zagreb, Sonja s’est inspirée pour son histoire de l&rsquo;œuvre Nature morte aux oranges du peintre espagnol Rafael Romero Barros. “<em>Ce qui m’a particulièrement plu, c’est le temps passé à chercher les noms et adjectifs pour décrire toutes les sensations olfactives, gustatives et tactiles</em>.”</div></div><div class="uagb-tm__meta"><div class="uagb-tm__meta-inner"><div class="uagb-tm__image-content"><div class="uagb-tm__image"><img class="uagb-tm-img-src" src="/wp-content/uploads/2021/03/Sonja-150x150.jpeg" alt=""/></div></div><div class="uagb-testimonial-details"><span class="uagb-tm__author-name">Sonja Bakota </span><span class="uagb-tm__company"></span></div></div></div></div></div></div></div></div>
</div></div>



<p class="has-text-align-right"><strong>Illustration : Sonja Bakota</strong></p>



<p><em>Crédits musique : Agnes by Unknown artist . Lasonotheque.org</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Montage audio : Marion Roussey</em></p>
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					<title>Rappelle-moi</title>
					<link>https://ecriture.temeco.fr/rappelle-moi-1393/</link>
					<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 16:40:46 +0000</pubDate>
					<dc:creator>contact@nangka.fr</dc:creator>
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					<description><![CDATA[Lejla Šubo]]></description>
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																																				<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:24px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>ELLE (une jeune fille)</p>



<p>LA VOIX (féminine)</p>



<p><em>Le soir. Elle est assise à un bureau dans sa chambre. Sur la table, du café, du papier vert et un crayon. Fatiguée de pleurer. Elle commence à écrire et parle à voix haute.</em></p>



<p>ELLE : Un étrange manque. Désir de revenir à l’état antérieur. Indicible. Insatiable. Inexplicable. Rester prisonnière de ce passé pour qu’il devienne un éternel présent. Un sentiment fort. La nostalgie. Comment se comporter maintenant ? Qu&rsquo;est-ce que l’illusion et qu&rsquo;est-ce que la vérité ? Comme si je me perdais à nouveau. Cela ne doit pas être le cas. Pas cette fois. Certitude. Puis de nouveau la confusion. Vitesse de pensée indescriptible. Une poussée de pensées. Elles m&rsquo;inondent de tous côtés. Puis-je leur résister ? Les maîtriser ? Où est le salut ? Juste des questions…</p>



<p>ELLE et LA VOIX <em>(en même temps)</em> ; ELLE <em>(tristement)</em>, LA VOIX <em>(fermement, avec une dose de ridicule)</em> : Et les réponses, où sont-elles ? Toute la vie, juste des questions.</p>



<p><em>Un regard confus, surpris, elle pense avoir entendu quelqu&rsquo;un. Elle continue d&rsquo;écrire tristement.</em></p>



<p>ELLE : Relativité, insécurité. Se débarrasser des émotions. À la fin, seule avec moi-même. Qu&rsquo;est-ce qui me protège ? Les perceptions peuvent être fausses. Est-ce que je ressens vraiment ?</p>



<p>ELLE et LA VOIX<em> (en même temps)</em>&nbsp; : Alors, écris !</p>



<p>ELLE <em>(continue d&rsquo;écrire)</em> : C&rsquo;est tellement fort que je ne peux pas m&rsquo;exprimer. Ça fait mal et je ne sais pas ce que c&rsquo;est. Quelque chose de longtemps réprimé. Quelque chose qui est la cause de tous les maux. Les émotions. Comment atteindre l&rsquo;indifférence ? Tout totaliser. Aligner.</p>



<p>ELLE : Aligner tout.</p>



<p>LA VOIX <em>(en même temps)</em> : Aligner toutes&#8230; les pensées !</p>



<p>ELLE <em>(arrête d’écrire)</em> : De qui est cette voix ?</p>



<p>LA VOIX <em>(soupirant)</em> : Ah, les jours noirs. Il semble qu&rsquo;on doive y repasser&#8230;</p>



<p>ELLE : Mais qui est-ce ?</p>



<p>LA VOIX : Je suis ce que tu devrais être si tu n&rsquo;étais pas qui tu es en ce moment. Je mentirais si je disais que je ne me sentais pas un peu étourdie en t&rsquo;écoutant comme ça.</p>



<p>ELLE <em>(se répète)</em> : C&rsquo;est juste dans ma tête, juste dans ma tête&#8230; J&rsquo;ai dû boire trop de café et je suis certainement trop agitée.</p>



<p>LA VOIX : Bah oui ! Dans la tête. Tout comme cet arsenal de pensées d’autodestruction sadique. Je suis surprise que malgré cette cacophonie à l&rsquo;intérieur, tu puisses quand même m&rsquo;entendre. Tout ce que tu penses, existe. Tu essaies en vain de me nier, qui sait combien de fois déjà.</p>



<p>ELLE <em>(avec un regard terne)</em> : Bien. Dis-moi ce que tu veux, et finissons-en.</p>



<p>LA VOIX<em> (plus claire)</em> : Alors. Veux-tu une réponse à ta manière, vaste mais imprécise, souvent contradictoire, ou à la mienne ?</p>



<p>ELLE <em>(sarcastiquement)</em> : Honorez-moi, oratrice, de votre talent.</p>



<p>LA VOIX : Centre-toi.</p>



<p>ELLE : Quoi ?</p>



<p>LA VOIX : Oui, c&rsquo;est simple, centre-toi.</p>



<p>ELLE <em>(calmement en clignant ses yeux)</em> : Me centrer ? Bien. <em>(Dramatiquement)</em> Comment puis-je me centrer quand il m&rsquo;a quittée après un an et demi de relation ?</p>



<p>LA VOIX : Mais quelle relation&#8230;</p>



<p>ELLE : Que veux-tu dire par là ? Je suis convaincue que c’était la bonne. Et au moment où il me donne l&rsquo;espoir pour quelque chose de plus grand et de plus sérieux, il disparaît tout simplement. Par ailleurs, il me dit que c&rsquo;est trop intense pour lui, qu&rsquo;il a besoin de temps pour réfléchir. Qu&rsquo;il a besoin d&rsquo;une pause.</p>



<p>LA VOIX : Quoi ? Une pause de l&rsquo;amour ?</p>



<p>ELLE : Je ne sais pas. Une pause. C&rsquo;est étrange. C&rsquo;est vraiment un homme incroyable. <em>(D&rsquo;un ton rêveur)</em> Il est beau, intelligent, toujours bien rangé&#8230; Il a certainement des défauts, mais qui n’en a pas ?</p>



<p>LA VOIX <em>(en imitant son ton rêveur)</em> : Oui, des défauts de caractère et ici et là, quelques feux rouges indiquant clairement l&rsquo;impossibilité de lui faire confiance, que j&rsquo;ignore avec succès. Il a juste besoin de quelqu&rsquo;un pour le sauver&#8230; De lui-même.</p>



<p>ELLE : Maintenant, tu exagères avec ce sarcasme. Je suis convaincue qu&rsquo;il m&rsquo;aime toujours. Mais peut-être que maintenant il a des problèmes dans sa vie ; si je les découvrais, je saurais comment l&rsquo;aider.</p>



<p>LA VOIX : Tu es convaincue qu&rsquo;il t&rsquo;aime toujours ?</p>



<p>ELLE : J’en suis fermement convaincue.</p>



<p>LA VOIX : Répète ça.</p>



<p>ELLE : J’en suis fermement convaincue.</p>



<p>LA VOIX : Répète cela dix fois de plus.</p>



<p>ELLE : J’en suis fermement convaincue. J’en suis fermement convaincue. <em>(Avec un ton plus faible et une plus grande dose de doute)</em>. J’en suis fermement convaincue. J’en suis fermement convaincue.<em> (Elle fond en larmes)</em>.</p>



<p>LA VOIX : Oui, je vois. Je vois. La pensée même que quelqu&rsquo;un veuille se reposer de l&rsquo;amour est un peu bizarre, n&rsquo;est-ce pas ?</p>



<p>ELLE <em>(en pleurant)</em> : Pourquoi fais-tu ça ? C&rsquo;est trop cruel. Il m&rsquo;a blessée, <em>(elle se tapote la tête) </em>et maintenant même la voix dans ma tête s’acharne contre moi.</p>



<p>LA VOIX <em>(d’un ton plus doux)</em> : Je suis juste honnête. Ce qui est cruel, c&rsquo;est que tu te mentes à toi-même. Tu dis qu&rsquo;il t&rsquo;a blessée. Tu as en fait été blessée par les attentes que tu avais de lui. Peut-être avais-tu de trop grandes attentes.</p>



<p>ELLE : Je n&rsquo;attends rien de lui, seulement qu&rsquo;il redevienne comme avant.</p>



<p>LA VOIX : Pfff. Sais-tu que ce « seulement » peut être énorme pour une personne ?</p>



<p>ELLE<em> (après un long silence)</em> : Qu&rsquo;est-ce que tu veux ? Qui es-tu après tout ?</p>



<p>LA VOIX : Je suis la somme de toutes les connaissances et vérités acquises que tu as volontairement décidé d&rsquo;archiver dans les dernières étagères de ton cerveau. Je te les rappelle. Tu ferais mieux d&rsquo;écouter ce que je dis, peut-être trouveras-tu un savoir qui pourra vraiment te servir.</p>



<p>ELLE <em>(regarde le café sur la table et prend la tasse dans sa main)</em> : Qui sait ce qu’il y avait dans ce café ?</p>



<p>LA VOIX : Il ne s&rsquo;agit pas du café et tu le sais. Tu cherchais des réponses. Et les voici. Elles sont toutes en toi. Toujours. Tu ouvrais jusqu&rsquo;ici seulement les mauvaises étagères. <em>(Un temps)</em>. Prends un crayon.</p>



<p>ELLE : Quoi ?</p>



<p>LA VOIX : Tu as commencé à écrire au début. Maintenant, écris ce que je te dis.</p>



<p><em>Confuse, elle prend un stylo, prête à écrire.</em></p>



<p>LA VOIX <em>(dit lentement)</em> : Chaque personne doit nécessairement blesser quelqu&rsquo;un dans sa vie, consciemment ou inconsciemment, la plupart du temps inconsciemment, maintenant j&rsquo;en suis consciente. Pourquoi ? Simplement, parce que chaque personne pense faire de son mieux. Le meilleur possible pour soi-même, le meilleur possible pour les autres, et c&rsquo;est la façon dont chacun agit. Cela ne signifie pas nécessairement que chaque personne fait le bien : elle fait de son mieux, elle donne ce qu&rsquo;elle peut donner, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle sait, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle a appris. C&rsquo;est comme ça qu&rsquo;elle fonctionne. Et moi aussi.</p>



<p>Dans toutes les décisions, je cherche la paix. Je comprends les autres, mais je ne suis pas responsable de leurs actions et émotions, les miennes sont celles sur lesquelles je me concentre. En essayant de résoudre les problèmes des autres, j&rsquo;oublie souvent la personne qui a le plus besoin de moi : moi-même.</p>



<p>ELLE : Moi-même.</p>



<p>LA VOIX : Moi-même. Quels mots puissants. D&rsquo;abord moi-même à moi, puis moi-même aux autres.</p>



<p>ELLE : Je pense que je commence à comprendre pourquoi tu es ici.</p>



<p>LA VOIX : Je suis toujours là. Seulement, parfois, tu décides de ne pas m&rsquo;entendre. Je suis ici pour te rappeler que la condition préalable au bonheur et au véritable amour avec quelqu&rsquo;un est, tout d&rsquo;abord, l&rsquo;amour pour soi-même. C&rsquo;est si simple.</p>



<p>ELLE : Mais je m&rsquo;aime !</p>



<p>LA VOIX : Oui, et pourtant tu acceptes des choses moins précieuses et choisis un sentiment de perte et d&rsquo;impuissance, à cause de quelqu&rsquo;un qui ne confirme pas ta valeur par ses mots ou ses actes. Cette confirmation doit être en toi. Réfléchis.</p>



<p>ELLE : Tu es ma confirmation ?</p>



<p>LA VOIX : Je suis ton rappel.</p>



<p>ELLE : Penses-tu que je devrais l&rsquo;oublier ?</p>



<p>LA VOIX : Je pense qu&rsquo;on doit parfois laisser certaines personnes en paix. Ou du moins ce qu&rsquo;elles appellent la paix. Trouver la paix en soi-même et puis avancer. Si une personne peut travailler sur elle-même pour bien paraître aux yeux de quelqu&rsquo;un, elle peut aussi travailler sur elle-même pour se sentir bien pour quelqu&rsquo;un. La question est : est-ce qu&rsquo;on veut vraiment cela ? C&rsquo;est si simple. Ensuite, on finit par savoir si une personne tient réellement à une autre.</p>



<p>ELLE <em>(confuse)</em> : D&rsquo;où tiens-tu tout ça ? D&rsquo;où ai-je tout ça ? <em>(Commence à bâiller)</em> Tu vois, ce que tu dis ne sonne pas si mal du tout, en plus c&rsquo;est un peu rassurant, mais ça manque de rationalité et d&rsquo;explications.</p>



<p>LA VOIX : Ça manque de rationalité ? Tu remets en question ta capacité de penser !</p>



<p>ELLE : Alors, qu&rsquo;est-ce que la vérité ?</p>



<p>LA VOIX : Mais je te l&rsquo;ai déjà dit. La paix.</p>



<p>ELLE : La paix ?</p>



<p>LA VOIX : Eh bien oui, la paix. Le savoir qui te sert est la paix. La gratitude est la paix. La compréhension est la paix. L&rsquo;amour-propre est la paix. Le respect de soi est la paix. Ce n&rsquo;est que lorsque tu l&rsquo;as en toi que tu peux la donner aux autres. Et tout le monde l&rsquo;a en soi, il faut juste en prendre conscience. Et voici la vérité.</p>



<p>ELLE<em> (d&rsquo;un ton endormi)</em> : Et tout cela est en moi ?</p>



<p>LA VOIX : Oui, parfois on a juste besoin que ça nous soit rappelé d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre.</p>



<p>ELLE <em>(bâille)</em> : Trop d&rsquo;informations pour une nuit. Il faudra du temps pour que cela devienne mon mantra. Rappelle-moi.</p>



<p>LA VOIX : Si tu te tournes vers ton for intérieur, tu découvriras beaucoup de choses. Je te rappelle que tu es une âme, un amour et que tu es valable. N&rsquo;oublie pas, ce sont tes pensées. Je suis tes pensées. Les pensées que tu devrais choisir.</p>



<p>ELLE <em>(bâille et baisse la tête à son bureau, d’un ton endormi)</em> : Les pensées que je devrais choisir. Tout cela ressemble à un rêve. On va voir ce qu&rsquo;il en adviendra demain.</p>



<p>LA VOIX : Oui, mais demain n&rsquo;existe pas, parce que quand il vient, c&rsquo;est déjà aujourd&rsquo;hui. Dors maintenant, on va continuer à aligner les pensées.</p>



<p><em>Elle s&rsquo;endort.</em></p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<h2>L&rsquo;autrice</h2>



<div class="uagb-testomonial__outer-wrap uagb-slick-carousel uagb-tm__arrow-outside uagb-block-9edad7f7"><div class="is-carousel uagb-tm__columns-1 uagb-tm__items"><div class="uagb-testimonial__wrap  uagb-tm__imgicon-style-circle uagb-tm__image-position-bottom uagb-tm__bg-type-undefined "><div class="uagb-tm__content"><div class="uagb-tm__overlay"></div><div class="uagb-tm__text-wrap"><div class="uagb-testinomial-text-wrap"><div class="uagb-tm__desc">Étudiante en dernière année de master de français à Sarajevo, Lejla a participé à l’atelier pour rencontrer des personnes avec qui elle partage le même amour pour l’écriture et les langues. Sa pièce de théâtre s’inspire d’un récit commencé il y a deux ans et peaufiné au cours de ses expériences personnelles. Prochain objectif : la mettre en scène et la jouer ! </div></div><div class="uagb-tm__meta"><div class="uagb-tm__meta-inner"><div class="uagb-tm__image-content"><div class="uagb-tm__image"><img class="uagb-tm-img-src" src="/wp-content/uploads/2021/03/Lejla-150x150.jpeg" alt=""/></div></div><div class="uagb-testimonial-details"><span class="uagb-tm__author-name">Lejla Šubo </span><span class="uagb-tm__company"></span></div></div></div></div></div></div></div></div>
</div></div>



<p><em>Crédits musique : Pemungkah by Gendér Wajang of Kuta ; Lasonothèque.org</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Montage audio : Marion Roussey</em></p>
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					<title>Confessions d&#8217;un chien</title>
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					<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 16:38:16 +0000</pubDate>
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<p class="has-drop-cap">Hier, j’ai regardé intensément le chat du voisin, incapable de le chasser dans le jardin. Je l’observais, triste et impuissant, alors qu&rsquo;il se promenait sous mon nez. En soupirant, j’ai fermé les yeux pendant un moment, où je me suis souvenu de ces poursuites glorieuses, comme si rien d’autre au monde n’existait et qu’il n’y avait rien au monde que cette course à la vie et à la mort. « Que faire ? », me suis-je demandé. J’étais désespéré. J’avais mal partout. J’ai à peine bougé ce matin. Les membres endoloris mais l’âme pleine de souvenirs, c&rsquo;est ce qui fait le plus mal.</p>



<p>Puis il est apparu. Il s’est tenu au-dessus de moi et m’a doucement chuchoté : « Ne sois pas triste, tu as trop couru après les chats. Repose-toi un peu, mon ami”. La caresse de sa main sur ma tête fatiguée était à la fois lourde et douce, comme s’il partageait ma souffrance. « Peux-tu te lever, Uki ? Allons-y, je te porterai.’’ Les yeux fermés dans ses grands bras chauds, j’imaginais la clôture et les arbres, en entrant dans la maison chaleureuse et si connue. La couverture douce sur laquelle je me suis allongé m&rsquo;a délesté de toutes mes responsabilités. Il me caressait le museau en me demandant quelque chose mais cette fois, je n’étais pas sûr de comprendre. Je me sentais tellement fatigué. Ses bras devenaient de plus en plus fins, sa voix silencieuse et distante. Je ne me souviendrai que des belles images. Vous ne pouviez les voir que dans la tête folle d’un chien. « Je t’emmènerai chez le médecin, petit », disait-il d’une voix souffrante. « Demain, dès l’aube. » J’ai fermé les yeux comme si j’étais d’accord. À ce moment-là, je ne pouvais rien faire d’autre. Si seulement je pouvais lécher sa main. Chaque mouvement me semblait aussi difficile qu’un voyage vers la Lune.</p>



<p>Le matin a mis si longtemps à se lever. J’ai à peine ouvert les yeux qu&rsquo;il me regardait et qu&rsquo;il était là pour moi. Il m’a mis dans la couverture et m&rsquo;a emporté. Je n’avais pas réussi à finir mes besoins dehors. Je les ai finis dans la couverture. Il a juste souri en démarrant la voiture. Je ne savais même pas où nous allions, ni ce qui se passait. J&rsquo;ai vu un homme habillé en blanc qui me caressait et qui m’ouvrait les yeux en me disant quelque chose à moi et quelque chose à lui. Là encore, je me suis à nouveau endormi et j&rsquo;ai pensé aux temps insouciants du passé. Je voyais défiler les images comme des perles qui s&rsquo;alignent, et qui nourrissent l’âme et le corps. À un autre moment, je me suis réveillé dans mon coin de la maison, où j’ai vu de nombreux visages déjà connus. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux, avec un plus grand sourire, m’a donné une tape de la main en souvenir de notre longue amitié. Je savais que maintenant j’avais quelqu’un qui resterait avec moi jusqu’à la fin de l’histoire.</p>



<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un chien pourrait vouloir de plus que de chasser le chat d’un voisin encore une fois ?</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container">
<h2>L&rsquo;autrice</h2>



<div class="uagb-testomonial__outer-wrap uagb-slick-carousel uagb-tm__arrow-outside uagb-block-3031cbca"><div class="is-carousel uagb-tm__columns-1 uagb-tm__items"><div class="uagb-testimonial__wrap  uagb-tm__imgicon-style-circle uagb-tm__image-position-bottom uagb-tm__bg-type-undefined "><div class="uagb-tm__content"><div class="uagb-tm__overlay"></div><div class="uagb-tm__text-wrap"><div class="uagb-testinomial-text-wrap"><div class="uagb-tm__desc">Après des études de langue et littérature françaises, Marija travaille à Banja Luka. Quand elle s’est inscrite à l’atelier, elle doutait de sa capacité à écrire dans une langue étrangère. “<em>Mon inspiration a été mon chien âgé de 11 ans. Le personnage nous rappelle l’importance de profiter de chaque instant de la vie</em>.”</div></div><div class="uagb-tm__meta"><div class="uagb-tm__meta-inner"><div class="uagb-tm__image-content"><div class="uagb-tm__image"><img class="uagb-tm-img-src" src="https://ecriture.temeco.fr/wp-content/uploads/2021/03/marija-M-1-150x150.jpg" alt=""/></div></div><div class="uagb-testimonial-details"><span class="uagb-tm__author-name">Marija Marin</span><span class="uagb-tm__company"></span></div></div></div></div></div></div></div></div>
</div></div>



<p class="has-text-align-right"><em>Crédits musique : Lake Victoria by Podington Bear ; Violins by File Under Toner ; Lasonothèque.org</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Montage audio : Marion Roussey</em></p>
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